Chère
Genève, Sauras-tu jamais avec quelle passion je te découvris à
18 ans, un après-midi d'automne, enveloppée d'une brume légère
qui te rendait un peu mystérieuse. Aussitôt, j'ai aimé l'austérité
de tes vieilles rues dont presque chaque maison témoigne d'un
lointain et illustre passage, aimé ton impressionnante rade qui
émerveille plus d'un visiteur et aimé jusqu'à la rigidité calviniste
de tes habitants. ru sembles être devenue aujourd'hui an vaste
aéroport ou les gens vont et viennent sans y résider longtemps,
une cité martyrisée par les «faiseurs d'argent» et autres profiteurs
de ton rayonnement international. Pourtant, je continue à te voir
comme je t'ai connue jadis, magnifique, noble et digne, et cet
ouvrage, je l'espère, rappellera combien tu es toujours belle
à regarder.
Albert Philippon